Porter plainte pour coups et blessures

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en novembre 2020

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Porter plainte pour coups et blessures

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Si vous avez été victime d’une agression physique ou d'une violence psychologique, seul le dépôt de plainte vous permet de faire valoir vos droits et d'obtenir réparation du préjudice. Voici les démarches à effectuer pour porter plainte pour coups et blessures.

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1. Rassemblez les preuves de votre agression

Avant de déposer une plainte pour coups et blessures, vous devez prendre quelques précautions.

Consultez un médecin

Pour évaluer votre préjudice, vous devez voir un médecin. Celui-ci, après avoir constaté vos lésions, vous remettra un certificat médical fixant votre incapacité temporaire de travail (ITT).

  • L'ITT s’exprime en nombre de jours à compter de la date des faits.
  • Son évaluation est indispensable pour qualifier l’infraction pénale commise par l’auteur des faits.
  • Selon le nombre de jours d’incapacité temporaire de travail, l’infraction est plus ou mois grave, et donc punie plus ou moins sévèrement.

Réunissez les éléments de préjudice matériel

Si lors de l'agression vous avez subi un préjudice matériel – vos vêtement ou des objets ont été abîmés –, vous devez en apporter la preuve par des photos, le témoignage de personnes ayant vu l'agression, la facture des objets détériorés, voire par constat d'huissier.

Vous fournirez ces preuves quand vous déposerez plainte ou, par la suite, lors de la constitution de partie civile.

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2. Allez au commissariat porter plainte pour coups et blessures

Même si vous avez appelé les services de police au moment de l’agression et qu'ils se sont déplacés sur le lieu de l’infraction, vous devez vous rendre au commissariat ou à la gendarmerie, afin de porter plainte pour coups et blessures.

  • Déposez plainte le plus tôt possible : c’est le meilleur moyen de retrouver votre agresseur, de déterminer votre préjudice et de ne pas laisser les preuves disparaître ou s’effacer avec le temps.
  • Allez au commissariat ou à la gendarmerie du lieu de l’infraction ou de votre domicile.
  • Un agent vous recevra et enregistrera votre plainte : il vous demandera de relater les faits et d'évaluer votre préjudice.
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3. Connaissez les peines encourues par votre agresseur

Les coups et blessures volontaires sont à distinguer des coups et blessures involontaires. Dans les deux cas, il s'agit de délits punis par la loi, mais les sanctions sont différentes.

Les coups et blessures volontaires

Les coups portés volontairement (agression physique, violence sexuelle, violence psychologique, maltraitance…) relèvent des articles 222-7 à 222-16-3 du Code pénal.

Si votre plainte aboutit, votre agresseur encourt les peines suivantes :

  • lorsque les violences n’ont pas entraîné d’ITT – une contravention de 4e classe (750 €) ;
  • lorsque l’ITT est inférieure ou égale à 8 jours – une contravention de 5e classe (1 500 €), devant le tribunal de police ;
  • lorsque l’ITT est supérieure à 8 jours – 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, devant le tribunal correctionnel ;
  • mutilation ou infirmité permanente – 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende ;
  • mort (sans l'intention de la donner de la part de l'auteur) – 15 ans d'emprisonnement ;
  • meurtre (avec intention de tuer de la part de l'auteur) – 30 ans d'emprisonnement.

Ces peines peuvent être aggravées pour un motif raciste ou homophobe, des violences conjugales, si la victime est âgée de moins 15 ans, si la victime est vulnérable du fait de son âge ou de son état de santé...

Les coups et blessures involontaires

Les blessures faites involontairement (accidents de la voie publique, accidents du travail, accidents médicaux…) relèvent des articles 222-19 à 222-21 du Code pénal. Les coups et blessures sont involontaires lorsque la victime a subi des dommages à cause d'une maladresse, imprudence, négligence, inattention ou un manquement à la loi de la part de l'auteur. Il s'agit d'un accident, l'auteur n'a pas voulu blesser sa victime.

Les peines encourues sont les suivantes :

  • lorsque les blessures n’ont pas entraîné d’ITT – une contravention de 2e classe (150 €) ;
  • lorsque l'ITT est inférieure ou égale à 3 mois – une contravention de 5e classe (1 500 €), devant le tribunal de police ;
  • lorsque l’ITT est supérieure à 3 mois – 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, devant le tribunal correctionnel ;
  • mort – 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

Ces peines peuvent être aggravées pour les mêmes motifs que les coups et blessures volontaires.

4. Demandez des dommages et intérêts pour coups et blessures

Une fois que vous avez déposé plainte pour demander la condamnation de l'auteur des faits, constituez-vous partie civile pour obtenir réparation du préjudice subi :

  • Adressez au président du tribunal, au plus tard 24 heures avant la date de l’audience, un courrier recommandé avec avis de réception au greffe du tribunal de police ou du tribunal correctionnel.
  • Indiquez que vous souhaitez vous constituer partie civile.
  • Joignez les pièces justificatives de votre préjudice (certificats médicaux, expertises, factures…).

L'auteur des faits est inconnu ou insolvable

Vous pouvez demander à percevoir une indemnité si votre agresseur n'est pas identifié, s'il a disparu ou s'il n'est pas solvable :

  • Adressez-vous au bureau de la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction (CIVI) au tribunal de grande instance (TGI) de votre domicile et téléchargez le formulaire de demande.
  • Si la CIVI ne peut pas vous indemniser, le Service d'aide au recouvrement des victimes (SARVI) peut vous verser tout ou partie du montant alloué par le tribunal à l'issue du procès pénal. Adressez votre demande au moyen d'un formulaire à télécharger sur son site en joignant les pièces suivantes :
    • le formulaire de demande d’aide au recouvrement ;
    • la copie de la décision pénale revêtue de la formule exécutoire vous accordant des dommages et intérêts ;
    • la copie du certificat de non-appel, de non-opposition ou de non-pourvoi mentionnant la date et le mode de signification ;
    • la copie d'un justificatif d'identité en cours de validité ;
    • les éléments complémentaires sur le patrimoine, les revenus, l’employeur de l’auteur des faits, à fournir sur papier libre ;
    • la copie de la décision de la CIVI et de sa notification (le cas échéant) ;
    • un relevé d’identité bancaire (RIB ou RIP).
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