Faire un procès

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en janvier 2021

Sommaire

En cas de litige, la victime peut lancer un procès dit civil, qui peut avoir lieu devant le tribunal judiciaire ou de proximité (ex-tribunal d'instance et ex-tribunal de grande instance).

Faire procès : devant quelle tribunal ?

De manière générale, le tribunal judiciaire ou de proximité est le tribunal du domicile du défendeur.

  • Pour certains types de litiges, vous avez le choix de vous adresser également :
    • en matière d’achats de produit ou de prestations de services : au tribunal du lieu de la livraison du bien ou de l’exécution du service ;
    • en matière de succession : au tribunal du lieu du dernier domicile du défunt ;
    • en matière de réparation d'un préjudice : au tribunal du lieu du domicile de l'adversaire ou celui du lieu où le dommage a été subi ;
    • en matière immobilière : au tribunal du lieu où se trouve le bien immobilier concerné.

Faire procès : quelle procédure ?

En cas de procès, la procédure varie selon le montant du litige et de l'obligation de se faire représenter par un avocat ou non.

Saisine du tribunal

Depuis le 1er janvier 2020, la juridiction peut être saisie selon 2 modes : l'assignation et la requête (décret n° 2019-1333 du 11 décembre 2019).

La demande en justice peut être formée par requête si la demande n'excède pas 5 000 € (et pour certaines matières fixées par la loi et le règlement telles que les tutelles).

Toute demande en justice (pour les litiges d'un montant inférieur à 5 000 € ou pour certaines actions relatives aux conflits de voisinage mentionnées aux articles R. 211-3-4 et R. 211-3-8 du Code de l'organisation judiciaire) doit être précédée d'une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice, d'une tentative de médiation ou d'une tentative de procédure participative (article 750-1 du Code de procédure civile créé par le décret n° 2019-1333 du 11 décembre 2019), sauf :

  • si l'une des parties au moins sollicite l'homologation d'un accord ;
  • lorsque l'exercice d'un recours préalable est imposé auprès de l'auteur de la décision ;
  • si l'absence de recours à l'un des modes de résolution amiable mentionnés au premier alinéa est justifiée par un motif légitime tenant, soit à l'urgence manifeste, soit aux circonstances rendant impossible une telle tentative ou nécessitant qu'une décision soit rendue non contradictoirement, soit à l'indisponibilité de conciliateurs de justice entraînant l'organisation de la première réunion de conciliation dans un délai manifestement excessif au regard de la nature et des enjeux du litige ;
  • si le juge ou l'autorité administrative doit, en application d'une disposition particulière, procéder à une tentative préalable de conciliation.

Dans tous les cas, les parties peuvent saisir le tribunal par requête conjointe lorsqu'elles sont d'accord pour aller devant le juge.

Hormis ces cas spécifiques, la demande doit être formée par assignation. Cette assignation peut être rédigée par le demandeur, son avocat ou par huissier.

Représentation par avocat

Depuis le 1er janvier 2020, la représentation obligatoire par avocat est étendue (article 4 du décret n° 2019-1333 du 11 décembre 2019 réformant la procédure civile). Par principe, en matière judiciaire, la représentation par avocat est obligatoire. Néanmoins, le recours à l'avocat est facultatif dans les cas prévus par la loi et le règlement (article 761 du Code de procédure civile, modifié par le décret n° 2019-1333 du 11 décembre 2019) :

  • les élections et désignations professionnelles ;
  • les procédures collectives ;
  • les demandes portant sur un montant inférieur ou égal 10 000 € ou les demandes indéterminées ayant pour origine une obligation dont le montant n'excède pas 10 000 € (hors matières de la compétence exclusive du tribunal judiciaire) ;
  • les matières figurant au tableau IV-II du Code de l'organisation judiciaire ;
  • les tutelles des majeurs ;
  • les expulsions ;
  • les baux d'habitation ;
  • les crédits consommation ;
  • les surendettements des particuliers ;
  • les procédures autres que la procédure de divorce, de séparation de corps, de liquidation et de partage ;
  • les intérêts patrimoniaux ;
  • les procédures aux fins de mesure de protection des victimes de violences ;
  • les saisies des rémunérations ;
  • les assistances éducatives ;
  • les mesures judiciaires d'aide à la gestion du budget familial.

Déroulement du procès

Procédure sans avocat obligatoire

Pour les procédures sans avocat obligatoire, le procès oppose les parties qui peuvent :

  • être présentes en personne et, éventuellement, se faire assister par un avocat ;
  • demander à être dispensées d'audience ;
  • se faire représenter par un avocat ou un tiers.

En cas d'audience, les parties peuvent échanger oralement leurs arguments et éléments de preuves lorsque le juge leur donne la parole. Une audition de témoin est possible.

Procédure avec avocat obligatoire

Pour les procédures avec avocat obligatoire, les parties doivent être représentées par leur avocat. Les arguments et demandes de chaque partie sont exposés dans des documents écrits (« conclusions »). Les conclusions sont remises à la partie adverse et au greffe du tribunal avant le procès. Le jour du procès, les avocats plaident chacun leur tour.

L'affaire est mise en délibéré à l'issue des débats ou des plaidoiries. Une copie du jugement est envoyée à chacune des parties. Pour les affaires portant sur une somme inférieure à 5 000 €, les parties peuvent contester le jugement en formant un pourvoi en cassation dans un délai de 2 mois. Pour les affaires portant sur une somme supérieure à 5 000 €, les parties peuvent faire appel dans un délai de 1 mois.

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