Violence faite aux femmes

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Selon l'Observatoire national des violences faites aux femmes, en moyenne, chaque année, 223 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales graves. Cependant, les violences faites aux femmes ne se limitent pas aux seules violences conjugales et peuvent revêtir différentes formes.

Violence faite aux femmes : état des lieux

Les femmes peuvent être victimes de différentes formes de violence : harcèlement ou violences sexuelles, violences conjugales physiques ou psychologiques, mariage forcé, mutilations sexuelles, etc.

Violences sexuelles et harcèlement sexuel

La violence sexuelle est l'une des plus répandue. Il s'agit d'un acte sexuel commis avec violence, contrainte, menace ou surprise. Elle peut avoir lieu avec ou sans contact physique. Quelle que soit sa forme, (attouchements, caresses, relation sexuelle forcée, agression…) la violence sexuelle a des conséquences importantes pour les victimes et est interdite par la loi.

Le harcèlement sexuel concerne quant à lui des propos ou comportements à connotation sexuelle qui sont imposés de façon répétée. Il peut également s'agir d'une pression exercée par un individu dans le but d'obtenir un acte sexuel. Il n'implique pas de contact physique. Il s'agit d'un délit puni par la loi.

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Violences conjugales

Les formes de violences conjugales sont nombreuses :

  • Violence psychologique : la femme est victime de propos humiliants et méprisants. Son conjoint lui renvoie une mauvaise image d'elle-même et cherche à lui faire perdre confiance en elle.
  • Violence verbale : la violence verbale accompagne souvent la violence physique. La femme est victime de menaces, d'injures, de sarcasmes, etc.
  • Violence physique : le partenaire contraint physiquement sa compagne. Cela peut se caractériser par un comportement brutal, des bousculades, des coups, des strangulations, des morsures, des brûlures et même la séquestration.
  • Violence sexuelle : la femme est contrainte à avoir des rapports sexuels avec son partenaire, mais il peut aussi parfois la forcer à se prostituer ou à avoir des relations avec d'autres partenaires.
  • Violence économique : la femme est dépossédée de toute autonomie financière. Son conjoint peut lui retirer tous ses moyens de paiement et l'empêcher d'accéder à ses comptes.

Il ne faut pas oublier que même si elles ont lieu au sein du couple, toutes ces violences sont interdites et punies par la loi. Les femmes n'en restent jamais indemnes et beaucoup souffrent de dépression.

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Mariage forcé

En France, le mariage exige le consentement mutuel libre et volontaire de chacun des futurs époux. Une femme est donc libre de se marier ou non et est libre de choisir avec qui elle veut se marier. Nul ne peut lui imposer un mariage.

Lorsqu'elle est contrainte de se marier (de quelque manière que ce soit), il s'agit d'un mariage forcé. Celui-ci peut donc être annulé. Lorsque le mariage forcé est précédé ou suivi de violences, cela constitue une circonstance aggravante.

Mutilations sexuelles

Les mutilations sexuelles féminines visent à altérer ou léser les organes génitaux. Ces mutilations n'ont aucune raison médicale mais sont pratiquées dans le cadre de rites culturels, religieux, sociaux, communautaires ou même familiaux.

L'OMS les classe en 4 catégories :

  • la clitoridectomie : ablation partielle ou totale du clitoris et, parfois, seulement du prépuce ;
  • l'excision : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres ;
  • infibulation : rétrécissement de l'orifice vaginal par fermeture, réalisée en coupant et en repositionnant les lèvres intérieures, et parfois extérieures, avec ou sans ablation du clitoris ;
  • autres : toutes les autres formes de mutilations sexuelles qui ont des conséquences graves sur la santé des femmes.

Les mutilations sexuelles sont interdites en France et relèvent de la cour d'assises.

Agir contre la violence faite aux femmes

Si vous êtes victime de violence ou si vous êtes témoin de violence, il convient d'agir au plus vite.

Contacter les urgences

Dans un premier temps, il est possible de contacter les numéros d'urgence :

  • 17 pour joindre la police et la gendarmerie ;
  • 112 pour accéder aux services d’urgence, dans toute l'Union européenne ;
  • 15 pour joindre les urgences médicales ;
  • 18 pour appeler les pompiers ;
  • 114 pour joindre les services de secours pour les personnes sourdes ou malentendantes victimes ou témoins d'une situation d'urgence.

Signalement en ligne

Les victimes de violences sexuelles ou sexistes peuvent signaler les violences subies depuis un service de signalement en ligne. Ce service est disponible 24 h/24 et 7 j/7. Les victimes peuvent échanger par messagerie instantanée afin de bénéficier d'un accompagnement, de conseils et d'assistance.

Associations d'aides aux victimes

Les victimes de violence et leur entourage peuvent appeler le 39 19 (Violences Femmes Info) ou le 116 006 (numéro d'aide aux victimes) afin d'être écoutées, conseillées, informées et orientées.

Il est également possible de se rapprocher des associations de lutte contre les violences faites aux femmes et des associations d'aide aux victimes. Ces associations peuvent être nationales ou locales. Les plus connues sont :

  • AVFT, l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail ;
  • CFCV, le Collectif féministe contre le viol ;
  • FNSF, la Fédération nationale solidarité femmes ;
  • Femmes solidaires ;
  • Voix de femmes, etc.

Action en justice

Afin de mettre fin aux violences, il est important de lancer une action en justice. Pour cela, il convient donc de porter plainte. Si vous souhaitez obtenir réparation, vous devrez vous porter partie civile.

Prévention de la violence faite aux femmes : obligations de l'employeur

L’employeur a l'obligation de prendre les dispositions nécessaires en vue de prévenir le harcèlement sexuel, d'y mettre un terme et de le sanctionner (article L. 1153-5 du Code du travail).

L'employeur doit porter à la connaissance de tout salarié, personne en stage ou en formation, ou candidat au recrutement, le principe de l’interdiction du harcèlement sexuel de l'article L. 222-33 du Code pénal. Il délivre cette information par tout moyen, dans les lieux de travail, ainsi que dans les locaux ou à la porte des locaux où se fait l’embauche.

La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel a complété ces dispositions en imposant de nouvelles obligations. L'employeur doit :

  • faire état des actions contentieuses civiles et pénales ouvertes en matière de harcèlement sexuel ;
  • délivrer les coordonnées des autorités et services compétents (décret n° 2019-15 du 8 janvier 2019) : 
    • le médecin du travail ou du service de santé au travail compétent pour l'établissement ;
    • l'inspection du travail compétente (en indiquant le nom de l'inspecteur compétent) ;
    • le Défenseur des droits ;
    • le référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes désigné par le CSE parmi ses membres (article L. 2314-1 du Code du travail) ;
    • dans les entreprises d'au moins 250 salariés : le référent désigné pour orienter, informer et accompagner les salariés en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes (article L. 1153-5-1 du Code du travail).

En outre, dans les entreprises de 50 salariés et plus (article L. 1311-2 du Code du travail, modifié par la loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019), le règlement intérieur doit rappeler « les dispositions relatives aux harcèlements moral et sexuel et aux agissements sexistes prévues par le Code du travail » (article L. 1321-2 du Code du travail).

Par ailleurs, l'article L. 4121-2 du Code du travail impose à l'employeur de « planifier la prévention en y intégrant, dans un ensemble cohérent, la technique, l'organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l'influence des facteurs ambiants, notamment les risques liés au harcèlement moral et au harcèlement sexuel ».

Violence faite aux femmes : peines encourues

Toute forme de violence faite aux femmes est punie par la loi. Les peines encourues varient cependant en fonction des violences.

Type de violence

Peines encourues

Violences sexuelles

Viol

15 ans d'emprisonnement (20 ans avec circonstances aggravantes).

Agressions sexuelles

5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende (7 ou 10 ans avec circonstances aggravantes).

Exhibition sexuelle

1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende.

Harcèlement sexuel

2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende avec circonstances aggravantes).

Bon à savoir : la loi n° 2018-703 du 3 août 2018 a renforcé la lutte contre les nouvelles formes d'agressions, telles que le cyberharcèlement. Le fait de participer à un acte de cyberharcèlement est désormais passible d'une peine d'emprisonnement de 3 ans et d'une amende de 45 000 €.

Voyeurisme sexuel 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende (2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende avec circonstances aggravantes).
Outrage sexiste (harcèlement de rue)

Amende de 90 € à 750 € pour les contraventions de 4e classe.

Amende jusqu'à 1 500 € ou 3 000 € en cas de circonstances aggravantes pour les contraventions de 5e classe.

Violences conjugales

De 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende à la réclusion à perpétuité selon la gravité des violences.

Mariage forcé

Annulation du mariage + 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d’amende si la personne a usé de la tromperie afin de déterminer une personne à quitter le territoire dans le but de la contraindre à se marier à l'étranger.

Mutilations sexuelles

10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende (15 ans si la mutilation est commise sur une mineure de moins de 15 ans, si l'auteur est un ascendant ou parent légitime, naturel ou adoptif ou par toute personne ayant autorité sur le mineur).

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