Emprisonnement délictuel

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en octobre 2020

Sommaire

Dans un sens général, le terme « emprisonnement » signifie enfermement. Autrement dit, il s'agit de la détention d'un individu à l'intérieur d'un établissement pénitentiaire.

Emprisonnement délictuel : définition

Dans un sens plus précis, le terme « emprisonnement » constitue une peine correctionnelle, c'est-à-dire applicable aux délits, d'où l'expression « emprisonnement délictuel ».

L'emprisonnement délictuel est donc une peine privative de liberté encourue par l'auteur d'un délit (infraction plus grave qu'une contravention, mais moins grave qu'un crime).

Objet et durée de l'emprisonnement délictuel

L'emprisonnement délictuel consiste dans l'incarcération du condamné pendant un temps fixé par le juge, dans les limites prévues par la loi. Cette durée fixée par la loi va de 2 mois à 10 ans au plus.

L'échelle des peines d'emprisonnement délictuel posée par le législateur, qui comprend huit degrés, est la suivante (article 131-4 du Code pénal) : 10 ans, 7 ans, 5 ans (autrefois le maximum), 3 ans, 2 ans, 1 an, 6 mois et 2 mois.

Il est à noter que le législateur s'écarte parfois volontairement de cette échelle.

Emprisonnement délictuel : lieu

Cette peine privative de liberté s'exécute dans une maison d'arrêt, exceptionnellement dans une maison centrale ou dans un centre pénitentiaire.

Peines alternatives et complémentaires à l'emprisonnement délictuel

Peines alternatives

L'emprisonnement, au même titre que l'amende, est la peine principale propre aux délits. Elle peut néanmoins être remplacée, sur décision du juge, par une peine alternative (articles 131-4-1 et suivants du Code pénal).

Peines complémentaires

En sus de la peine d'emprisonnement délictuel, le magistrat peut condamner le délinquant à une ou plusieurs peines dites complémentaires si le législateur l'a prévu (article 131-10 du Code pénal).

Une peine complémentaire peut aussi être prononcée à titre principal (article 131-11 du Code pénal).

Peine d'emprisonnement délictuel et les conditions à son prononcé

L'emprisonnement délictuel est applicable aux personnes physiques majeures ou mineures de plus de 13 ans lorsque les circonstances et la personnalité du délinquant l'exigent (article 2 de l'Ordonnance du 2 février 1945).

La loi n°2019-222 du 23 mars 2019 a modifié les conditions de prononcé des peines d'emprisonnement. En pratique :

  • peines inférieures ou égales à un mois ferme : emprisonnement prohibé (article 132-19 du Code pénal) ;
  • peines inférieures ou égales à 6 mois : doivent en principe être exécutées en dehors d'un établissement de détention et faire l’objet d’une mesure d’aménagement (détention à domicile sous surveillance judiciaire-DDSE, semi-liberté ou placement extérieur) (article 132-25 du Code pénal), sauf impossibilité résultant de la personnalité ou de la situation du condamné ;
  • peines d'au moins 6 mois et inférieures ou égales à 1 an : l'aménagement des peines est facultatif et le tribunal correctionnel peut décerner un mandat de dépôt à effet différé à l’encontre de la personne condamnée (article 723-15 du Code pénal) ;
  • peines supérieures à un an : par principe exécutées sans aménagement. Le tribunal correctionnel doit spécialement motiver sa décision afin de justifier le prononcé d'une peine d’emprisonnement sans sursis.

Pour aller plus loin :

  • La prison désigne le lieu où des personnes purgent une peine d’emprisonnement. C’est l’un des moyens prévus par la loi pour sanctionner les auteurs d’infractions. Prison ferme ou prison avec sursis ? Pour mieux comprendre, consultez notre page dédiée.
  • Tout savoir sur le dépôt de plainte et ses suites.
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