Fait du prince

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2020

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Dans le langage courant, le « fait du prince » désigne un acte arbitraire de l'administration, auquel les particuliers doivent se soumettre.

En droit des contrats publics, on parle de « fait du prince » pour désigner une mesure prise par l'administration, ayant un impact sur l'exécution d'un contrat auquel elle est partie.

Cette théorie jurisprudentielle a des contours assez flous, même si certaines lignes directrices peuvent en être dégagées. Le point dans cet article.

Fait du prince : qu'est-ce que c'est ?

Lorsqu'elle est partie à un contrat, l'administration a certains pouvoirs liés aux exigences du service public, notamment :

  • un pouvoir de direction et de contrôle de son cocontractant ;
  • un pouvoir de modification unilatérale du contrat (si le service public l'exige et en maintenant les équilibres financiers initiaux) ;
  • un pouvoir de sanction ;
  • un pouvoir de résiliation unilatérale.

En dehors de ces hypothèses d'intervention dans le cadre contractuel, il peut arriver que l'administration contractante prenne des mesures qui augmentent les obligations contractuelles du cocontractant.

Ces mesures rendent plus difficile ou plus onéreuse l'exécution de ses devoirs par le cocontractant. C'est cela qu'on appelle le fait du prince.

La théorie du fait du prince doit être distinguée de la théorie de l'imprévision :

  • L'imprévision consiste en un événement, souvent économique, indépendant de la volonté des parties.
  • Elle peut entraîner une indemnisation partielle du cocontractant.

Quelles mesures constituent un fait du prince ?

Le fait du prince est un événement extérieur au contrat :

  • C'est une mesure prise par l'administration non sur la base du contrat (ce qui relèverait des prérogatives normales de administration), mais à un autre titre, extra-contractuel.
  • Cette mesure introduit, dans le contrat, un aléa administratif (c'est à dire lié à l'intervention de administration).

Une mesure prise par une personne publique non partie au contrat ne constitue pas un fait du prince.

Pour être un fait du prince, la mesure doit être prise par la personne publique contractante. Celle-ci n'agit pas en tant que partie au contrat mais en tant que puissance publique, en application de ses compétences générales.

Un fait du prince peut prendre la forme :

  • d'une loi, d'un règlement ou d'un décret ;
  • de mesures particulières ayant un effet, direct ou indirect, sur l'exécution du contrat.

Quelles sont les limites du fait du prince ?

Si l'équilibre du contrat est bouleversé au point de mettre en danger l'existence même de celui-ci, une réparation sera versée par l'administration :

  • Cette indemnisation ne trouve pas sa source dans une faute à réparer, mais dans l'intérêt général trouvé à la poursuite du contrat.
  • Le cocontractant a en effet droit à la restauration de l'équilibre financier, passant par la réparation intégrale du préjudice causé par cette mesure.

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