Mandat d'amener

Rédigé par des auteurs spécialisés Ooreka  À jour en décembre 2020

Sommaire

Pour mener son instruction, et notamment interroger les personnes mises en examen ou qu'il envisage de mettre en examen, il faut que le juge d'instruction puisse obliger les intéressés à comparaître devant lui.

Un mandat d'amener est un ordre donné à la force publique (police ou gendarmerie) par un juge d'instruction de conduire immédiatement devant lui une personne définie pour l'entendre.

Conditions d'application du mandat d'amener

Le mandat d'amener ne peut être délivré par le magistrat instructeur que s'il existe à l'encontre de la personne des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu'elle ait pu participer, comme auteur ou complice, à la commission d'une infraction.

Cas de recours au mandat d'amener

En pratique, le mandat d'amener est utilisé lorsque la personne n'a pas déféré à un mandat de comparution ou lorsque le juge redoute qu'elle n'y défère pas.

Le mandat d'amener est donc assorti d'une contrainte puisqu'en cas de résistance, il y aura utilisation de la force publique.

Règles applicables au mandat d'amener

Contrairement au mandat d'arrêt pour lequel il lui faut prendre préalablement l'avis du procureur de la République, le mandat d'amener peut être décerné par le juge d'instruction de son propre chef.

Le mandat d'amener précise l'identité de la personne concernée. Il ne peut pas être décerné à l'encontre d'un témoin mais seulement d'une personne placée sous le statut de témoin assisté ou mise en examen, ou dont la mise en examen est envisagée par le juge d'instruction.

Le mandat d'amener doit préciser :

  • les faits imputés à la personne ;
  • leur qualification juridique, c'est-à-dire l'infraction reprochée ;
  • les articles de loi applicables.

Le mandat d'amener est exécutoire sur l'ensemble du territoire national, y compris dans les territoires d'outre-mer.

Issue du mandat d'amener

La personne doit être interrogée dès qu'elle est arrêtée. Lorsque cela n'est pas possible, elle doit être conduite à une maison d'arrêt où elle ne peut pas être détenue plus de 24 heures. Au-delà de ce délai, la détention devient arbitraire.

Si la personne est arrêtée à plus de 200 kilomètres du siège du juge d'instruction mandant, elle est conduite dans les 24 heures devant lui, avec son accord. A défaut, elle est conduite devant le procureur de la République du lieu de l'arrestation qui l'interroge sur son identité, reçoit ses déclarations et lui demande si elle souhaite être transférée.

En cas de réponse positive, elle est présentée au juge d'instruction mandant dans les 4 jours (ou 6 jours si elle a été arrêtée dans les DOM-TOM). En cas de réponse négative, la personne est conduite à la maison d'arrêt et le juge d'instruction mandant en est avisé.

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